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  • : Affaire Iacono - Le livre
  • Affaire Iacono - Le livre
  • : Christian Iacono, ex-maire de Vence, a été condamné, en avril 2009, à 9 ans de réclusion pour le viol de son petit-fils. Il a fait appel de cette décision de la cour d'assises des Alpes-Maritimes. Journaliste à Nice-Matin, Gérard Porcheron raconte son enquête menée en 2003-2004. Il rend compte du procès et de l'appel dans ses livres: Affaire Iacono - Non Papy, je n'ai pas menti. et La douleur ça ne se rêve pas.
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:20

Acte 3. Au soir du verdict, le mercredi 23 février 2011, Gabriel, une seconde fois reconnu dans son statut de victime, est approché par sa tante et sa cousine, apprentie psy.
Tout le monde sait bien qu'il n'y aura pas de motif valable, susceptible d'entraîner la cassation du jugement.
La seule solution, dès lors, est d'amener le jeune homme à revenir sur ses déclarations. Le verdict étant tombé, il n'est désormais plus interdit aux proches de l'accusé de le contacter.
Le mardi 1er mars 2011, Gabriel m'adresse un texto : " Vous avez commencé le bouqin ? "
Pourquoi me pose-t-il cette question?
" Ben disons que ça m'intéresse quand même. "
Dimanche 1er mai 2011, j'envoie un mail à Gabriel. " En pièce jointe, le manuscrit. Je refais quelques corrections et je le soumets à l'éditeur pour une parution en septembre ou octobre. Merci de me dire ce que tu en penses. Amicalement, Gérard. "
Pas de réponse. Je m'en étonne auprès de Philippe Iacono. Il m'explique que quelque chose d'inimaginable quelque temps auparavant est en train de se passer. Dans ses correspondances avec son père, Gabriel évoque la théorie des faux-souvenirs dont sa cousine lui a beaucoup parlé. Il envisage de se rendre chez sa tante à Tourrettes-sur-Loup.
Le 11 mai 2011, il fait la Une de Nice-Matin : " Mon grand-père ne m'a pas violé."
Il explique avoir adressé une lettre au procureur pour se rétracter. Il dit s'être trompé. Avoir été violé. Mais ne plus souvenir par qui et ne pas vouloir chercher à savoir.
Intitulé " La douleur, ça ne se rêve pas", en référence à une phrase, plusieurs fois prononcée par Gabriel depuis le début de la procédure, mon second livre est imprimé le 27 mai 2011.
Dans les semaines qui suivent, Gabriel dit n'avoir pas été violé. Puis, il affirme " avoir menti ". Et là, il développe tous les arguments mis en avant par les défenseurs de son grand-père en première comme en seconde instance : " Je ne supportais pas le divorce de mes parents, je voulais les rapprocher. "
Arguments qu'il avait pourtant farouchement repoussés.
S'en suivent quelques attaques dirigées par lui contre moi sur ce blog. Bientôt, une certaine Gemaine se risque là, à son tour. Masquée.
Christian Iacono est libéré le 23 juin 2011 et concomittament un certain Robin aparaît ici.
C'est la guerre des mails.
C'est aussi le grand déballage devant les médias.
Faute de convaincre la justice lors de la cassation, il faudra avoir séduit l'opinion publique. Gabriel, comme un phénomène de foire, parle à tout ceux qui tiennent crayons, calepins, micros et caméras. Une émission de France 2, depuis attaquée par Philippe Iacono pour diffamation, désigne le pauvre gamin comme un menteur pathologique. Il faut qu'il s'embourbe. Surtout qu'il ne soit jamais tenté de revenir sur ses nouvelles déclarations.
On approche de l'acte 4.

 

 

Voici le lien pour voir le reportage très bien fait de France 3.Il a été rediffusé le dimanche 16 octobre 2011 et, de nouveau, il a été très apprécié. Un vrai travail de pro. Bravo! A voir et à revoir.

 

 

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:01

Acte 2 : Procès en appel. Nous sommes en février 2011 à Aix-en-Provence. L'accusé attaque sa première prise de parole menaçant. Il se fait remettre immédiatement dans les cordes par le président, Patrick Vogt, qui n'a pas l'intention de s'en laisser compter et pas non plus celle de laisser la place à des motifs de cassation.
Gabriel, désormais père d'un petit Matthys, reste sur ses positions.
Il accuse " le pervers, le manipulateur, le politicien ".
Les médecins dénonciateurs d'agressions sexuelles restent sur leurs positions. Les psy soulignent " le syndrome post-traumatique relévé chez Gabriel ".
Christian Iacono a changé d'avocats. Il a fait citer de nouveaux témoins. Ils sont presque tous plus ridicules les uns que les autres pendant leurs dépositions. Le président n'hésite pas à les remettre en ligne. Heureux pour eux qu'ils ne soient pas poursuivis pour déclarations de complaisance.
L'idée d'un conflit ourdi par son fils pour le faire tomber, largement développée par Christian Iacono, n'est pas davantage retenue qu'en première instance.
Gabriel insiste : "La douleur, ça ne se rêve pas."
L'accusé est une nouvelle fois reconnu coupable. Il est à nouveau condamné à neuf ans de détention.
Au soir du verdict, ses avocats annoncent l'intention de leur client de se pourvoir en cassation.

 

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 11:30

Acte 1 : Les révélations de Gabriel. Il dit avoir été violé, entre 1996 et 1998, par son grand-père. On est en juin 2000. L'enfant a 9 ans et demi. Christian Iacono, premier magistrat de Vence, médecin radiologue, notable au-dessus de tout soupçon, est interpellé, mis en examen et écroué.
Instruction. Les conclusions des médecins, qui voient la présumée victime, sont sans appel : le gamin a bel et bien été violé. Sa marge anale porte deux cicatrices tout à fait significatives. De là, la douleur ressentie jusque dans son ventre et la goutte de sang dont l'enfant parle dès ses premières révélations. Elle coulait sur sa cuisse et il avait eu peur qu'elle tache son chausson. Les psy sont formels : le gamin ne ment pas, il n'affabule pas, il ne transfère pas non plus.
L'accusé, remis en liberté après trois mois de détention, explique que tout vient de son propre fils avec lequel il est en conflit. Il demande des contre-expertises qui ne prouveront rien.
Un premier procès d'assises débute. Nous sommes en octobre 2008. Les avocats de la défense se débrouillent pour le faire rapidement capoter.
Avril 2009 : le second procès va à son terme. Gabriel, désormais majeur, affirme : " Non papy, je n'ai pas menti. " Il prend-là, le contre-pied du livre "J'ai menti ", publié par Virginie Madeira. L'adolescente a envoyé son père en prison avant de se rétracter. La cour d'assises ne retient pas l'idée d'un conflit qui serait ourdi par Philippe Iacono, le père de Gabriel. Christian Iacono est reconnu coupable et condamné à neuf années de réclusion (1). Il est incarcéré, fait appel. Il démissionne de son mandat de maire de Vence et est libéré sous caution après quelques mois de détention.
Janvier 2010, parution de mon ouvrage : " Non papy, je n'ai pas menti ". En couverture, et à sa demande, la photo de Gabriel qui voulait s'affirmer, "montrer son visage au public pour que les gens arrêtent de le traiter de menteur".

 

(1) Faute de souvenirs suffisamment précis de la part de Gabriel qui l'accusait d'attouchements et d'une pénétration digitale, Jean-Jacques Baly, co-accusé, est acquitté par la cour d'assises.

 

 

 

 

Voici le lien pour voir le reportage très bien fait de France 3.Il a été rediffusé le dimanche 16 octobre 2011 et, de nouveau, il a été très apprécié. Un vrai travail de pro. Bravo! A voir et à revoir.

 

 

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 22:58

La cour de cassation a rejeté aujourd'hui mercredi 23 novembre 2011 le pourvoi formé au soir du verdict du procès en appel, en février dernier.

L'accusé, deux fois reconnu coupable, qui demeure sous le coup de sa condamnation à neuf ans d'emprisonnement, va maintenant s'engager sur le long chemin de la demande de révision.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 08:35

Il y avait longtemps...


Voici la déposition à la barre du Docteur Ritter. Il a travaillé avec le Docteur Digeon dont la déposition a été restranscrite dans les précédents articles.
" Le 17 juillet 2000, j'ai reçu un fax du juge Jean Coutton. Il voulait me confier une expertise. Par honnêteté, parce que je n'avais jamais examiné des enfants qu'en post mortem, j'ai préféré m'adjoindre la collaboration d'un autre médecin. Tout naturellement, j'ai proposé le nom du Docteur Digeon dont je connaissais la grande expérience. C'est comme ça que nous avons reçu Gabriel Iacono le 5 octobre 2000. Nous avons procédé à un examen minutieux et relevé sur sa marge anale la présence de deux cicatrices dont la signification était évidente. L'examen clinique suffisait à établir le diagnostic d'agression sexuelle par sodomie. Nous n'avons pas jugé utile d'en imposer d'autres à cet enfant.
" Nous avons  pesé chaque mot, chaque phrase de notre rapport. Au point d'être rappelés à l'ordre par le juge Coutton."
" Comment se comportait l'enfant quand vous l'avez reçu? ", questionne le président.
- Il était un peu turbulent. Les circonstances rajoutaient à sa douleur. La ravivaient.
A Maître Stéphane Choukroun d'ouvrir le feu des questions : " A Nice, à la barre, vous aviez dit préférer quatre globes occulaires pour expertiser plutôt que deux.
- J'ai toujours refusé les autopsies où j'aurais dû être seul.
- Que pensez-vous d'une expertise qui se fait sur pièces?
- La vision directe est irremplaçable. J'ai, moi-même été amené à étudier des photos ou des rapports de confrères. Dans ce cas, n'ayant pas vu de mes yeux, j'ai toujours été prudent. Un examen doit être minutieux. Terre à terre.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 10:41

Comme annoncé dans l'article publié hier et intitulé " Des signes spécifiques d'agression sexuelle ", voici la relation de la suite et fin du premier passage à la barre du Docteur Digeon.
Après l'intervention de ses avocats, l'accusé demande à s'exprimer.
Réponse du président : " Adressez-vous à moi. Sinon, je ne vous donne pas la parole. "
- Je suis quand même médecin. Je pense qu'il faut interroger l'enfant sur les conditions de l'acte qu'il rapporte. Ce matin, le Docteur Ohayon a souligné combien c'était important. L'enfant a dit qu'après les faits, l'eau du bain est devenue toute rose. C'est contraire à ce qu'ont déclaré le père et la mère qui parlent d'une goutte de sang.
- La seule chose que je puisse dire, c'est qu'en cas de saignements, les enfants, comme leurs parents d'ailleurs, ont toujours l'impression d'une hémorragie monstrueuse. C'est toujours impressionnant.
- La technique de l'échographie anale existait en 2000. Cet examen qui se pratique avec une petite sonde aurait permis de repérer une rupture sphinctérienne seule lésion indélébile. Pourquoi ne pas l'avoir ordonné?
- Il aurait, en effet, permis de révéler une rupture du sphincter. Mais le sphincter peut ne pas être atteint au moment d'une sodomisation. Cet examen n'aurait donc pas permis d'infirmer le diagnostic. Quant à l'analyse manométrique, elle donne des renseignements mais par forcément spécifique.
Et le président d'intervenir : " On peut aller jusqu'à l'autopsie comme ça! "
" Il s'agit, reprend le Docteur Digeon, d'examens intrusifs qui ne révèlent rien de spécifique. On pèse le pour et le contre. En l'occurrence, les cicatrices relevées sur la marge anale étaient suffisamment significatives. Pour nous, il n'était pas nécessaire de faire pratiquer d'autres examens. "

 

 

Suite dans un prochain article. Nous verrons comment le docteur Digeon et le président répondent à l'accusé.

 

 

 

 

Voici le lien pour voir le reportage très bien fait de France 3.Il a été rediffusé ce dimanche 16 octobre 2011 et, de nouveau, il a été très apprécié. Un vrai travail de pro. Bravo! A voir et à revoir.

 

 

 

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 21:34

Suite ci-dessous de la déposition du docteur Digeon. Elle intervient dans le chapitre "Jusqu'à l'autopsie, pourquoi pas? " de l'ouvrage " La douleur, ça ne se rêve pas ". Début de cette déposition dans l'article précédent intitulé  " Gastro-entérologie pédiatrique ".
La parole à Maître Sandrine Reboul, avocate de Philippe Iacono, d'Elisabeth Siogli, les parents de Gabriel et de l'association " Enfance et partage ".
" Il peut y avoir sodomie sans saignement Ou non? Important ou pas? "
- Il peut y avoir sodomie sans saignement. Il peut y avoir saignement sans rupture du sphincter. En général, ça n'est pas un saignement très important et il se tarit de lui même du fait de la compression qu'exerce le sphincter anal. Il peut recommencer lors d'un passage aux toilettes. En général, nous examinons les enfants à distance des faits et un examen sur deux est strictement normal. Parfois, il y a des signes non spécifiques. Moins de 10% des signes sont, au contraire, tout à fait spécifiques. C'est le cas ici. En raison du positionnement, de l'importance et de la longueur des cicatrices.
Maître Choukroun prend le relais de sa consoeur de la partie civile : " Le Docteur Ohayon nous parle d'une possibilité autre que la sodomie ou la constipation. Celle de l'accident. Est-ce compatible et si oui de quel type d'accident s'agit-il? "
C'est tout à fait compatible, en effet! C'est l'exemple d'un enfant qui gravit une palissade et qui s'empale. Celui d'un enfant qui glisse dans le bain et tombe sur l'un de ses jouets. Dans ces situations, on voit les enfants et leurs parents arriver en urgence. On n'est pas dans ce cas-là. Et puis, il serait tout à fait exceptionnel que les plaies démarrent juste à l'endroit où elles sont révélatrices d'agressions. Ceci étant, en médecine, il est toujours compliqué de dire " Jamais " ou " Toujours ".
- Question de bon sens, peut-être un peu simpliste? Un thermomètre mal mis?
- Non, ça ne peut pas entrer dans les diagnostics différentiels.
Enfin, exhibant la photocopie noir et blanc sur laquelle le Docteur Grimaud s'est appuyé pour faire sa contre-expertise sur pièces, l'avocat de Gabriel demande : " Vous pourriez travailler sur un document tel que celui-là? "
- Non.
- Il y a même risque de le prendre à l'envers?
- En effet, c'est d'ailleurs dans l'autre sens qu'il faut le lire.

 

Suite dans un prochain article. Nous verrons comment le docteur Digeon et le président répondent à l'accusé.

 

 

 

 

Voici le lien pour voir le reportage très bien fait de France 3.Il a été rediffusé ce dimanche 16 octobre 2011 et, de nouveau, il a été très apprécié. Un vrai travail de pro. Bravo! A voir et à revoir.

 

 

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 16:35

Dans la série des dépositions de médecins, voici celles des Docteurs Digeon et Ritter.
Je ne dirai rien des passages à la barre des Docteurs Ohayon, Grimaud, Rautureau, Cargill et Benamouzig. Ceux dont on dit qu'ils ont contesté les conclusions des experts accusateurs. Leurs déclarations sont rapportées dans le livre " La douleur, ça ne se rêve pas ".
Rien sur leurs dépositions, donc.
Parce que le premier n'a rien vu. Parce qu'il a travaillé sur pièce, adhéré au diagnostic du Docteur Dulière et suggéré des examens complémentaires, pratiqués par la suite.
Parce que le second, qualifié de " Jean-foutre " par l'avocat général, s'est obstiné à nier l'évidence alors qu'il reconnaissait, ayant travaillé sur pièce, avoir interprété, à l'envers, un document noir et blanc de mauvaise qualité.
Parce que les trois derniers sont intervenus au moins six ans après la commission supposée des faits. Parce qu'ils n'ont pas voulu donner de sens certain aux " trois éléments troublants " dont ils ont relevé l'existence.
Exclusivité donc aux témoignage des médecins qui ont reçu et vu Gabriel dans un délai raisonnable après ses révélations.
Le Docteur Digeon est appelée à la barre. Nous sommes le mercredi 16 fevrier 2011 au troisième jour du procès en appel. Il est 14h15.
" Le 5 octobre 2000, le Docteur Ritter et moi avons examiné Gabriel Iacono dans les locaux de l'hôpital américian de Reims. Nous avions vu différentes pièces de la procédure. Nous connaissions l'histoire de l'enfant dans sa famille. Nous avons procédé à un examen clinique. Nous avons fait des photos. Il n'y avait pas d'antécédents médicaux notés. Nous avons feuilleté le carnet de santé. Il ne faisait état que de pathologies bénignes. On nous signalait un sommeil agité. Deux épisodes d'énurésie et des troubles du comportement initialement mis sur le compte de la procédure de divorce de ses parents, ayant conduit à la mise en place d'un suivi psychologique.
" Nous avons noté un léger relâchement sphinctérien en position assise et des anomalies de la marge anale. Deux cicatrices positionnées à 17 et 20 heures. La première citée étant la plus marquée. Toutes les deux dépassaient des plis radiés. Au toucher rectal, on notait une légère diminution de la souplesse sphinctérienne à 20 heures.
" A partir de cet examen, nous devions répondre aux questions posées par le magistrat instructeur. Il nous demandait, en particulier, de dire si les cicatrices pouvaient être consécutives à l'une des causes invoquées par la personne mise en examen : abcès, fissure, infection locale, fistule? Ni la lecture du carnet de santé ni l'interrogatoire ni l'examen ne permettaient d'accréditer une de ces thèses. L'accusé disait aussi que le saignement évoqué aurait dû perdurer et se reproduire . Nous répondions que ça n'était pas obligatoire. Je suis pédiatre et gastro-entérologue. J'ai même une spécialisation en gastro-entérologie pédiatrique. Nous avons envisagé tous les diagnostics différentiels possibles."
Question du président : " Y'a-t-il un intérêt à aller plus loin. A faire pratiquer une anuscopie ou une rectoscopie? "
- L'intérêt de tels examens est tout à fait limité. Il peut y en avoir un en phase aiguë. Pour voir, par exemple, des lésions que produirait la verge venant buter sur la muqueuse au fond de l'ampoule rectale. Il peut y en avoir un aussi en cas de prélèvement révélant une maladie sexuellement transmissible. Si on note la présence de condylomes sur la marge anale, on peut aussi en chercher à l'intérieur qui auraient alors été véhiculés par une ou des pénétrations. Puisqu'on voyait Gabriel longtemps après les faits, il ne m'a pas semblé nécessaire de faire pratiquer de tels examens. S'ils ne sont pas traumatisants chez un adulte. Ils le sont chez un enfant, c'est sûr.
- Les cicatrices finissent-elles par disparaître?
- Elles s'effacent oui. Avec la puberté, notamment.
- Un enfant peut-il avoir des cicatrices de la marge anale qui ne soient pas consécutives à un viol?
- Oui, certaines sont consécutives à des épisodes de constipation. Elles sont alors en position 12 heures et 18 heures. Elles ne dépassent pas des plis radiés. Dans le cas de Gabriel, on a des cicatrices spécifiques de sévices sexuels.

 

Suite de cette déposition dans un tout prochain article.

 

 

 

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 17:58

Voici des extraits de la déposition de Josianne Jouhot, psychologue. En juin 2000, elle était praticien hospitalier à la cellule maltraitance de l'hôpital américain de Reims.
" J'ai rencontré Gabriel Iacono avant qu'il soit examiné médicalement. Avant de le voir seul, j'ai assisté à une partie de l'entretien entre ses parents et le Docteur Dulière. Ils parlaient de la punition de la Pentecôte 1996 et du conflit qui s'en était nourri. Gabriel a tout déballé d'un coup. Il a évoqué les sévices. Sa déposition a été complètement spontanée. Il était très agité. Très perturbé. En grande souffrance. Il se couchait par terre. J'ai essayé d'en savoir plus. Notamment sur la date de la commission des faits. Ses repères temporels, comme souvent chez les enfants de cet âge, étaient scolaires. Il situait le début à la grande section de maternelle. La fin à l'année du CP, voire du CE1. Il parlait d'avant et d'après le procès. Il ne pouvait pas préciser la fréquence des attouchements. Je lui ai demandé pourquoi il révélait ce qu'il avait tu jusqu'alors. Il m'a répondu qu'il comprenait désormais la gravité des faits. Il a ajouté : " Avant, j'avais peur. Papy m'avait dit : t'as pas intérêt à parler."
" J'ai demandé si'l y avait d'autres Messieurs. Il m'a répondu que son grand-père connaissait beaucoup de monde parce qu'il était maire de Vence. J'ai demandé si son grand-père avait fait des photos ou des vidéos. Il m'a parlé d'un film dans le bain avec son petit cousin sur lequel on voyait son zizi mais pas sa tête...
" Le 25 juillet, j'ai fait une déposition auprès de la police...
" Gabriel avait commencé : " C'est à propos de mon papy. " J'ai eu l'impression d'un fardeau qu'il déposait à toute vitesse. Il m'a parlé du coton et des problèmes qu'il aurait s'il parlait.
" C'est ce que Boris Cyrulnik décrit dans son ouvrage " Mourir de dire ", souligne le président. Les enfants qui font des révélations se trouvent dans des situations difficiles. Parfois, il faut des éléments déclenchant pour qu'is parlent. Un film. Un fait divers. Je rappelle que nous ne sommes pas là pour juger le maire de Vence. Mais pour apprécier des faits dont la responsabilité est imputée à un grand-père. Gabriel dit l'aimer ce grand-père. Mais en même temps, il dit vouloir qu'il soit puni pour ce qu'il lui a fait. Il dit : " Je fais des crises. Je dors mal. " Souvent les enfants dans cette situation ont des attitudes extrêmes. Ils déposent un gros paquet en ayant conscience de lancer une bombe. Quand il a parlé, Gabriel n'imaginait certainement pas qu'il serait lui-même père de famille quand l'affaire arriverait devant un tribunal. Il y a là, une discordance complète. C'est extrêmement dérangeant que cela vienne devant nous onze ans après les révélations. Sur la crédibilité de sa parole, qu'avez-vous à dire? "
- Je ne crois pas à une transposition. Il ne fait pas de confusion entre l'imaginaire et la réalité.  Ses parents sont très solidaires dans l'épreuve. Ils restent couple parental s'ils ne sont plus couple conjugal. Je ne crois pas à la manipulation. A cet âge-là, on se sait pas ce qu'est une sodomie. Alors, rajouter le détail de la goutte de sang et du coton, ça ne peut qu'attester la réalité des faits. Et puis, il n'a aucun bénéfice secondaire à tirer d'une histoire inventée. Il n'est pas rare, en effet, de rencontrer des victimes qui aiment leur agresseur. Quant aux parents, ils étaient effondrés. Ils auraient préféré, c'était manifeste, tout entendre plutôt que ça. Tous les deux attendaient qu'on infirme. Or je venais d'avoir cet entretien avec leur fils. Et je ne pouvais pas m'asseoir dessus. En plus, il y avait les constatations de l'examen médical. Il nous était impossible de ne pas faire le signalement. Avec ce que j'avais entendu, je l'aurais fait seule même sans examen médical. Le père de Gabriel a dit que les conséquences allaient être terribles. Que l'homme privé était tyrannique. Il a ajouté : " J'ai peur de ses réactions. Je ne sais pas ce qu'il peut faire. Se suicider sans oublier de laisser un courrier qui le situe comme victime?  Il est capable de monter à Reims et de nous tuer tous les trois. " C'était incontestablement un père qui faisait peur à son fils. La révélation de leur enfant déchirait les deux parents. Tous les deux angoissaient sur l'avenir. Ils se sont inquiétés : " Mais Gabriel s'apprête à partir passer une semaine chez ses grands-parents! "
Question de Maître Stéphane Choukroun : " Vous avez déjà eu à connaître un enfant instrumentalisé? "
- Oui, il n'est pas rare que l'instrumentalisation des enfants soit une arme dans les divorces.
- Est-ce que ça se ressent?
- Oui, tout de suite! L'enfant n'a pas la spontanéité de celui qui parle avec ses émotions, qui revit des scènes. Le vocabulaire, n'est pas le même.
Intervention de Maître Sandrine Reboul : " On a retrouvé un petit papier sur lequel il a noté les sévices dont il dit avoir été victime. Est-ce normal qu'il écrive cela? "
- Dans un tel cas, l'enfant peut écrire, en effet. Comme pour se soulager d'une pensée qui l'obsède.
- On ne peut pas envisager qu'il y ait manipulation à travers cette écriture?
- Non, il se libère en écrivant. 

 

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 18:26

Allez, je fais les choses dans l'ordre chronologique. Voici la relation de la déposition du Docteur Laurence Dulière. Son titre dans l'ouvrage " La douleur, ça ne se rêve pas " : " Des cicatrices très fortement spécifiques ".

Le Docteur Laurence Dulière, pédiatre, est appelée à la barre. Elle indique : " Le 22 juin 2000, j'ai reçu Gabriel Iacono à l'hôpital américain de Reims. J'ai aussi vu ses deux parents. Rendez-vous avait été pris en urgence. Après l'avoir examiné, j'ai fait une déposition au procureur de la République.
Le président intervient  (1) : " C'est une particularité du parquet rémois que de demander au praticien auteur du signalement de jouer ensuite les experts? Cela pose un problème procédural. Pas très gênant toutefois puisque le principe a été validé par la Cour de Cassation. Poursuivez, s'il vous plaît."
- Dans un premier temps, les parents de Gabriel m'ont décrit le contexte familial. Le conflit. La justice saisie en 1996 pour le droit de visite et d'hébergement. L'enfant était très perturbé. C'est pour ça qu'il était suivi. Ils m'ont rapporté les déclarations de leur fils. Ils se demandaient si elles correspondaient à une réalité ou si elles relevaient du fantasme. Pendant ce temps, Gabriel était reçu par Madame Jouhot, psychologue. Elle est venue me raconter ce qu'il lui avait dit. Il était en bon état général. Ses organes génitaux externes étaient normaux. Sa marge anale, par contre, était anormale. Elle portait deux cicatrices de fissures. L'enfant était allongé sur le dos face à moi. Elles se situaient à 5 heures et 9 heures. Elles étaient anciennes. Longues. Elles dépassaient des plis radiés. Il n'y avait pas de béance sphinctérienne. Pas de rougeur ou de dermatose localisée. Pas non plus de pathologie signalée par les parents. Pas de grattage constaté. Ces cicatrices n'étaient pas superficielles. J'en ai conclu que cet enfant avait été victime de sodomisation. J'ai fait un signalement...
- Après ce signalement, une procédure marathon s'est engagée. J'étais sûre de mon diagnostic. Chez l'enfant, on voit facilement des fissures de la marge anale causées par la constipation. Ca n'est pas le même type de fissures. Elles sont dans le canal. Situées à midi et à six heures. Ici, nous avions des cicatrices très fortement spécifiques de sodomie. Philippe Iacono m'a indiqué : "Je suis médecin, moi aussi." Il a bien compris que j'étais obligée de lever le secret professionnel.
Question du président : "Quelle est l'importance du saignement après un tel traumatisme?"
- Il est plus ou moins abondant. Il se tarit de lui-même. Des croûtes apparaissent ensuite. Les saignements peuvent se reproduire lors des passages aux toilettes.
La parole à Maître Stéphane Choukroun : " Il y a des photos dans le dossier. Est-ce vous qui les avez faites? "
- Non. Moi, j'ai simplement décrit les cicatrices. Le Docteur Digeon est l'auteur de ces clichés.
- Oui, je rappelle qu'il s'agit de photos couleurs et qu'un expert, travaillant sur pièces, a étudié des photocopies noir et blanc de ces documents.  Nous verrons ça.
Question de Maître Sandrine Reboul : " Toute sodomie n'entraîne pas de traces? "
- C'est très rare, en effet. On estime à mois de 10% des cas. Les cours d'assises ont rarement de tels éléments à leur disposition.
A Roland Mahy, avocat général d'intervenir :  " Ces cicatrices finissent-elles pas disparaître ou par devenir globalement peu révélatrices? "
- En l'occurrence, on ne pouvait pas dater. Simplement pouvait-on dire que le traumatisme avait eu lieu plusieurs semaines avant l'examen. Ces cicatrices peuvent, effectivement, disparaître. Notamment à la puberté, à partir de l'âge de onze ans...
Un des avocats de la defense interroge : " Avez-vous vu le carnet de santé de l'enfant? "
- Oui.
- Avez-vous contacté le médecin de famille?
- Non, le carnet de santé était bien tenu.
Avez-vous envisagé de faire pratiquer une anuscopie ou une rectoscopie?
- Non.
- Pourquoi?
- J'ai huit ans de pratique dans la maltraitance quand je rencontre Gabriel Iacono. Ce genre d'examen a constitué l'essentiel de mon activité. Je sais de quoi je parle.

1.- Le détail a son importance : En première instance, l'expertise du Docteur Dulière avait été contestée au motif qu'elle avait été l'auteur du signalement initial.

 

 

 

 

Voici le lien pour voir le reportage très bien fait de France 3.Il a été rediffusé ce dimanche 16 octobre 2011 et, de nouveau, il a été très apprécié. Un vrai travail de pro. Bravo! A voir et à revoir.

 

 

 

 

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