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  • : Affaire Iacono - Le livre
  • Affaire Iacono - Le livre
  • : Christian Iacono, ex-maire de Vence, a été condamné, en avril 2009, à 9 ans de réclusion pour le viol de son petit-fils. Il a fait appel de cette décision de la cour d'assises des Alpes-Maritimes. Journaliste à Nice-Matin, Gérard Porcheron raconte son enquête menée en 2003-2004. Il rend compte du procès et de l'appel dans ses livres: Affaire Iacono - Non Papy, je n'ai pas menti. et La douleur ça ne se rêve pas.
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 22:42

Les paroles s'envolent. Les écrits les figent. A toutes fins utiles...

Suite des extraits du livre "La douleur, ça ne se rêve pas".

On est en page 52, Gabriel s'exprime (voir aussi les articles publiés les 10 et 15 juin) : " Si j'ai accepté le principe de la confrontation et des contre-expertises, c'était pour montrer que je ne mentais pas. J'ai toujours voulu que la vérité soit dite. Je veux la présence des journalistes à ce procès parce que je veux que les gens sachent que je dis vrai. Je veux que ce soit moi qu'on croit. Pas le manipulateur. Pas le politicien. Je veux être reconnu comme victime. Tout ce qu'il y a autour ne m'intéresse pas. Je ne suis ni manipulé ni sous emprise sectaire. Ce que je dénonce, c'est du vécu, de la douleur et de la haine. Tout le reste, je passe au-dessus. Et c'est vrai, mon regard ne croise pas celui de mon grand-père. Tout simplement parce que je ne regarde pas quelqu'un qui ne me respecte pas. Le jour où il avouera, peut-être. Pas tant qu'il mentira. Tout ce qu'il dit est faux. Il le sait très bien. Il sait très bien qu'on faisait la sieste avant qu'il parte en mairie. Il sait très bien qu'il y avait des attouchements à ce moment-là..."
La déposition se poursuit.
Maître Sandrine Reboul interroge Gabriel : "Comment étaient les relations avec ton papa et ta maman? Très dures, comme on le dit? Avec des brimades?
- J'ai eu une éducation normale. Avec des défauts et des qualités. J'ai reçu de l'amour. Mais, à cause de son travail, mon père était souvent absent.
- Il était violent? D'une sévérité extrême? Il te rabaissait?
- Non!
- Ton père a-t-il essayé de te manipuler?
- Non!
- T'a-t-on demandé d'inventer des histoires?
- Non!
- Y a-t-il eu une éducation violente?
- Non. La seule chose c'est qu'avec mon grand-père, j'avais tous les droits. Ca, mes parents ne l'acceptaient pas!...

La parole à l'avocat général, Roland Mahy.
" En quoi votre grand-père pouvait-il être un dieu? Vous avez employé ce terme à deux reprises dans votre relativement courte déposition. Qu'est-ce qui vous fascinait chez lui? Son écharpe bleu, blanc, rouge? "
- Oui. Et tout le monde le connaissait. Il me faisait entrer partout.
- Cet homme exerçait une autorité naturelle conférée par son statut. Vous arrive-t-il, aujourd'hui, de penser qu'il ait pu déraper? Ne pas accepter la contradiction de votre père. Il était habitué à donner des ordres. A les voir exécutés. Il y avait un hiatus avec votre papa qui lui résistait. N'était-ce pas de nature à provoquer chez lui des colères irrationnelles?
- Peut-être mais nous sommes tous colériques dans la famille.
- Vous évoquez des caresses malvenues, des attouchements inapropriés, vous dites avoir partagé son lit, vous confirmez que ces actes n'ont pas été systématiques. Vous ne voyiez donc pas d'incompatibilité à vous coucher près de lui?
- Non!
- Comment se manifestait sa tendresse? Il vous câlinait? Il vous prenait dans ses bras?
- Je lui sautais dessus. Il m'embrassait. Il m'offrait un réglisse dans l'avion. Il y avait aussi un aspect financier. J'avais des cadeaux. Il ne se passait pas une journée sans que j'aie quelque chose à déballer.
- Aviez-vous conscience qu'on pouvait acheter votre affection?
A cette époque-là, non. Aujourd'hui, oui! C'est pour ça que je me sens sale. Cette générosité excessive, débordante, je l'analyse maintenant comme une manière de m'acheter...
Le président relaie une question d'un juré : " Votre grand-mère maternelle n'a jamais essayé de comprendre? "
- Pour elle, je suis " l'enfant ". Pas son petit-fils. Je n'accepte pas le manque d'égard qu'elle a eu envers moi. Elle a essayé de m'agresser lors du précédent procès. Elle pourrait revenir vers moi maintenant, je ne lui prêterais aucune attention...
- Selon vous a-t-elle pu s'apercevoir de quelque chose?
- Je pense qu'elle peut être au courant, en effet.

 

 

Le livre "Affaire Iacono, la douleur ça ne se rêve pas" est désormais en vente sur le site Lulu.com

Pour l'acheter, cliquez sur le lien suivant: 

 

http://www.lulu.com/browse/search.php?fListingClass=0&fSearch=affaire+iacono

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commentaires

philippe siogli 17/02/2012 17:47

De toutes façons, malgré les contorsions en tous genres du condamné, par le truchement de ses vestales, si l'on peut ainsi les qualifier, la justice, qui dispose de toutes les pièces du dossier,
sait fort bien de quoi il retourne, et que Christian Iacono est coupable de tous les chefs d'inculpation relevés. La totalité du jury s'est prononcée, et ils ont jugé sur pièces, et selon leur
intime conviction.
Pour Gabriel, c'est bien triste, mais il me semblerait plus que juste qu'il réponde de ses actes, quelle que soit l'issue de la situation pénitentiaire de son agresseur. Que je sache, en alléguant
avoir menti, il encourt des poursuites pour faux-témoignage, qui pourraient bien l'amener derrière les barreaux. Entre autre, puisqu'il a également escroqué de nombreuses personnes, qui pourraient
bien lui en demander compte.

victoire 24/01/2012 11:06

Voilà tout est dit.......Sachez que ce qu'il vous arrive me trouble beaucoup....cette rétractation et haine soudaine de votre fils, que vous avez essayé de proteger durant tant d'années...me donne
le vertige
Malheureusement, comme disait ma grand mére..."un morceau avalé n'a plus de goût"
Les enfants, et même en général, l'être humain, n'ont que très peu de reconnaissance en général envers leurs semblables et vont trés souvent, lorqu'ils sont faibles, vers la facilité....La dure loi
de la jungle....nous ne sommes que des mammiféres!
Il en est ainsi........
Sachez que je vous respecte pour ce que vous avez enduré jusque maintenant, et qu'il faut malgré tout continuer à vivre et marcher la tête haute, et esperer d'autres horizons
plus clements.

Victoire

papaencolère 24/01/2012 09:12

On sent bien que vous êtes passée par le même chemin que moi. Vous avez 100 fois raisons, j'ai fait mon devoir de père. Sur le plan intellectuel et juridique, il n'y a rien à redire. Il n'empêche
que quand je constate le désastre psycho-affectif tout autour et l'addition à payer, et bien je me demande si vraiment j'aurais pas dû faire autrement. Le problème est de savoir comment et si
seulement j'en étais capable. Il faut pouvoir vivre ensuite en gardant une telle révélation secrète toute sa vie, en gardant au fond de soi ce sentiment d'avoir étouffé la parole d'un enfant... Je
sais bien que je n'aurais pas pu. C'était donc écrit comme ça !

L'auteur 24/01/2012 11:09



Oui, c'était écrit comme ça. Et non, quel que soit le prix de l'addition, il n'y a avait aucune autre solution. Le désastre psycho-affectif aurait, sans cela, été plus grand encore et peut-être
irrémédiable. Alors qu'aujourd'hui, même s'il y aura des traces indélébiles, on peut toujours espérer une prise de conscience.



victoire 23/01/2012 22:23

Tout d'abord, Mr Philippe Iacono, je comprends votre lassitude et dégout par rapport à tout ce qu'il se passe et se dit........Je comprends ce besoin de vouloir passer un coup d'éponge, un coup de
gomme........revenir quelques années en arrière et se dire que l'on agirait différemment...........
Mais la réalité je pense est tout autre..........
Lorsque l'on est un parent responsable on se doit, aux yeux de la loi, de non pas dénoncer, mais informer les autorités compétentes, lorsque l'on est confronté à ce genre de " probléme"......
Par experience, je sais qu'à un moment dans ma vie, j'ai emis le souhait devant une tierce personne ayant une petite autorité, de ne pas porter plainte vis a vis d'un " problème"...(désolée de
rester si évasive...mon histoire n'interesse personne et ne me sert qu'a partager sur ce blog....de mes experiences.).........et bien sachez que je risquais de tout perdre....et de me retrouver moi
jugée pour ne pas avoir porté secours ...ce qui était logique....mais il est vrai , que c'est tellement lourd à porter....et de devoir supporter ces interrogatoires, ces convocations....ces heures
, journées , années interminables.....que la seule envie que l'on a, c'est de ne pas aller deposer plainte....et surtout aprés que la procédure soit lancée.......
Il y'a surtout cette peur de voir l'autre etre maltraité...jugé...mais aussi à contrario...voir sur le banc des accusés une personne qui nous est proche, que l'on peut aimer, ou que l'on respecte
pour ce qu'il est ...et qui nous a déçu..( le mot reste faible )
Les sentiments que l'on peut ressentir , sont je pense ,à ce stade, tous identiques ........on se sent presque coupable d'avoir mis en route quelque chose....

Mais ou est la réalité et la vérité dans tout cela.....qui a donné le premier coup?

Alors, meme sans avoir lu encore les 2 livres de Mr Porcheron..( j' attends de les recevoir )......je pense que vous n'avez rien à vous reprocher....et surtout .......surtout....... n'avoir aucuns
remords pour avoir mener votre fils voir les gens compétents à cette époque....car c'etait votre devoir de PERE

Victoire........

PS : désolé...il doit manquer qques accents sur certains mots...mais j'aime pas les accents!!!!

Philippe Siogli 23/01/2012 16:11

Tu sais très bien qu'un crocodile dans la nasse essaie de tout broyer, s'il ne peut sortir.
Tu as agi avec droiture, et ce n'était pas aisé ; personne ne voudrait être à ta place.
Peut-être n'y a-t-il que quelques individus qui ont pris la peine de confronter les sources, dont les livres de Gérard fournissent une synthèse à la fois sensible et intelligente ; plus ceux qui te
connaissent personnellement, et savent qui tu es. Cependant, cela existe, et je m'opposerai personnellement aussi souvent que nécessaire à tout travestissement de la vérité, ou insinuation à ton
endroit.
J'aime beaucoup chez toi cette reconnaissance de la compétence des divers intervenants ; tu es médecin, tu as des connaissances en psychiatrie, tu ne t'es pas pour autant permis de tirer des
diagnostics, soit cliniques, soit psychiques : tu as accordé le crédit parfaitement justifié de leur compétence aux médecins de l'hôpital américain de Reims. Qui ont donné corps à l'horreur.
Un blog de soutien, pourquoi pas ? Celui-ci en est déjà un, et quel, mais il n 'a pas été pensé comme un forum, ou un lieu d'information. Rien n'empêcherait d'en créer un. Mais il faut des soutiens
déjà existants ; j'en suis, évidemment, mais il en faut d'autres.
Oserai-je suggérer qu'un prérequis, hormis les proches qui savent les tenants et les aboutissants, devrait être la lecture des ouvrages de Gérard ? Parce ce qu'en pareil cas, à la différence de
nous, proches et parfaitement au clair de l'histoire, les supporteurs -ça sonne quand même mieux que souteneurs - sauraient précisément de quoi il retourne, et décrypteraient immédiatement tout ce
qui se joue, en temps réel.